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Hasan Yarimdünia est né en 1945 à Gelibolu (Gallipoli), une petite ville portuaire des Dardanelles qui fut tristement célèbre par les combats qui eurent lieu lors du débarquement de 1915. Son père, originaire de Salonique, était déjà clarinettiste, son fils Tamer et son petit-fils Taner sont bien sûr clarinettistes. Il ne faut donc pas s’étonner qu’à l’état civil le nom de famille de Hasan soit Girnataci (clarinettiste). Yarimdünia - la moitié du monde - est le nom de scène qu’il a hérité de sa mère, une femme dont on remarquait la stature.

Hasan a commencé la musique à l’age de 7 ans par le violon qu’il abandonne 10 ans plus tard pour son instrument actuel. Il devient rapidement l’un des maîtres incontestés de la musique populaire rom (tsigane) et de la musique turque. Il interprète le répertoire de plusieurs régions privilégiant celui de la Thrace et des rives de la mer Egée. Ses intérêts dépassent la musique orientale ; certaines de ces compositions ou de ses improvisations s’inspirent des musiques grecque, roumaine ou macédonienne. Il a collaboré à des expériences fructueuses avec Okay Temiz ou Les Balkaniks. Son art s’exprime bien sûr dans les improvisations modales (taksim, pl. taksimleri) suivant les « chemins » complexes tracés par les modes de la musique turque (makam, pl. makamlar). Il est aussi un grand chef d’orchestre, travaillant dans le détail les nuances et les mises en place ; la réactivité n’est pas la moindre des qualités de son ensemble. La musique d’Hasan Yarimdünia est appréciée partout à travers le monde mais les sentiments qu’elle porte touchent profondément et souvent jusqu’aux larmes les Roms de Turquie et de Macédoine.

Erik Marchand